Fun-Da-Mental

Inciter le public à fabriquer des bombes et à les poser, voilà qui, pour beaucoup, dépasse le cadre de la simple provocation politique. Tracks a examiné les thèses du rappeur britannique G-Had.

Les chaînes de télé ont boycotté le clip récent du groupe qui s'appelle « Fun-Da-Mental ». Il aura dépassé les bornes de la flegmatique tolérance anglaise. La chanson « Cookbook – Do it yourself » est ni plus ni moins l’apologie d’un terroriste kamikaze, qui explique que fabriquer une bombe artisanale est un acte d’honneur. Et pour que l’incitation à perpétrer des attentats soit parfaitement explicite, le clip a même été sous-titré. Une provocation soigneusement orchestrée, bête et méchante, qui fait pourtant beaucoup de bruit. Depuis 1991, Aki Nawaz, Pakistanais de naissance, est le teigneux leader de « Fun-Da-Mental », qui a tout de même sorti plus de dix albums, mais dont aucun n’a connu le moindre succès commercial. Jusqu’à présent, « Fun-Da-Mental » était considéré comme un groupe d’extrême gauche, opposé à l’establishment anglais et passant son temps en se bastonnant avec les skinheads.

« Quand j’ai commencé à lire le Coran, c’était surtout pour pouvoir répondre aux questions de mes amis qui n’étaient pas musulmans. Je ne rejetais pas l’Islam mais ça ne m’intéressait pas particulièrement. Ce qui me branchait, c’était la musique et l’art contemporain. Plus j’avançais dans ce livre et plus je me rendais compte que c’était génial, que c’était plus subversif que le mouvement punk. [...] Je suis toujours un punk. Ma philosophie et mon attitude viennent du punk. Mais j’y ai associé des éléments religieux qui sont tout aussi marginaux. Jésus était un contestataire, Moïse était un contestataire et tous ceux qui les suivaient se mettaient en marge de la société. »
Aki Nawaz

Le groupe a sorti un nouveau CD, All is war, the benefit of Jihad. Une apologie de la guerre sainte, l'album relativise les crimes d’Al Quaïda en les opposant aux interventions militaires en Afghanistan et en Irak. Aki Nawaz glorifie la violence en échange de publicité.

Aujourd’hui, G-Had a déjà un pied en prison. Le gouvernement britannique va légiférer pour « incitation à la haine religieuse ».


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