Baobab Family

Au Kenya, les enfants des rues sont considérés comme des humains de seconde catégorie. Sauf pour un groupe de rastas qui essaient de rendre la vie de ces gamins un peu plus supportable : le projet Baobab Family

A Mombasa, capitale du Kenya, les conséquences du sida sont omniprésentes. Les orphelins zonent dans les rues, parmi les détritus. Presque tous sniffent de la colle pour tenir le coup dans cette misère infernale, faite de mendicité et de petite délinquance. Une horreur au quotidien, face à laquelle la plupart des touristes de passages restent pétrifiés d’effroi, mais les bras ballants. Le globe-trotter allemand Andreas Triebel, arrivé au Kenya au hasard d’un voyage, a décidé de réagir. Et il a créé le projet Baobab Family.

Il y a cinq ans, Andreas Triebel a établi son projet dans l’un des faubourgs de Mombasa. Dans un premier temps, Andreas s’est financé avec ses revenus personnels. Mais petit à petit, les choses ont évolué, et aujourd’hui, la Baobab Family a le statut d’une ONG implantée au Kenya. Le bâtiment a été rehaussé d’un étage et accueille désormais une cinquantaine de jeunes en difficulté. Les enfants sont encadrés par les travailleurs sociaux kenyans et des rastas allemands venus faire ici leur service civil. Une part du projet est financée grâce à des parrainages et des dons. Le reste des fonds est récolté lors de concerts de bienfaisance auxquels participent bon nombre de musiciens reggae allemands.

Les collaborateurs de Baobab recherchent le contact direct avec la population. Sur place, un comité de volontaires choisit les enfants qui seront intégrés au projet. A côté des enfants des rues, le projet apporte aussi de l’aide à des mères SDF. Aider est important, mais aider correctement nécessite un apprentissage. Le projet apporte de l’argent dans le village, un gâteau dont tout le monde voudrait sa part, notamment les inévitables politiciens corrompus et quelques malhonnêtes parmi le personnel.

Un quotidien bien réglé, une alimentation saine et un lit constituent les piliers de base pour le bon développement des enfants. Mais pour leur avenir, il est tout aussi déterminant de leur offrir un accès à l’éducation. Voilà pourquoi le projet s’occupe de l’évaluation de leur niveau de connaissance et de leur scolarisation.

Le projet Baobab est principalement soutenu par des rastas et des musiciens de reggae allemand. Un état de fait plutôt inhabituel. Dans de nombreux pays africains, les rastas passent surtout pour des pourfendeurs de régimes et de systèmes, ce qui leur vaut de subir bien des préjugés et représailles.

A l’exception des collaborateurs kényans, le projet Baobab Family est exclusivement porté par des bénévoles. Les frais de fonctionnement et de gestion sont minimes. L’idéalisme de la Baobab Family est intact. Un projet de foyer pour jeunes filles et pour mères SDF est en cours de conception.



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