Backstage - Bastarda Musica
A Barcelone, on n'aime pas les étiquettes. Depuis 5 ans, la capitale de la Catalogne est le berceau d’un vaste melting pot musical. Les groupes de la ville mixent tous les sons qui leur tombent sous la main. Leur mot d’ordre : tout est permis!
Grâce à son port, Barcelone est la capitale économique de l’Espagne. Dès la fin de la dictature franquiste en 75, le pays s'ouvre à l'extérieur. Des immigrants venus de tous les pays hispanophones viennent y chercher du travail. Dans leurs bagages; ils importent des rythmes sud-américains ou africains. En 80, l'argentin Gato Perez devient ainsi le précurseur de la Bastarda de Barcelone avec sa Rumba Catalane, mélange de Cumbia latino américaine et de musique gitane. La bastarda musica se fiche des chapelles. Depuis cinq ans, que ce soit du ska, du flamenco, de la jungle, du merengue ou du R&B, c'est à qui osera le mix le plus improbable!
Manu Chao, Radio Bemba Sound System et Kinky Beat
Le QG de la Bastarda Musica : les barrios Raval et Gotico, les anciens quartiers chauds, au cœur de la ville. Dans les années 70, c’était le coin des prostituées et des dealers. En 98, Manu Chao a découvert la bastarda dans ces barrios, et en a tiré "Clandestino". Grâce à lui, ce style a explosé dans le monde entier. Il recrute le percussioniste Gerard. Grâce à sa tournée mondiale avec Manu Chao et son Radio Bemba Sound System, Gerard a laissé tomber son boulot de livreur de lait dans les quartiers chics et a fondé son propre groupe, la Kinky Beat, une formation 100% catalane. En 2 ans, il a enchaîné plus de 500 concerts.
Muchachito Bombo Infierno
C’est en exhumant une vieille tradition musicale barcelonaise que le Muchachito Bombo Infierno est devenu le groupe le plus populaire de la Bastarda de Barcelone. Sa recette : un mix de funk et de Rumba locale, avec un zest de rockabilly. A leur tête: Jairo Perera, alias Muchachito, littéralement "le Gamin", un gavroche 100% catalan. Comme beaucoup de musiciens de bastarda, il a fait ses gammes dans la rue, aussi bien influencé par la musique portoricaine que par Django Reinhart ou les Clash. Muchachito Bombo Infierno définit sa musique comme du "Rumboxing", parce leur rumba accélérée a du punch. Sur scène ils reprennent la Mala Vida de la Mano Negra. En deux ans, ils ont donné plus de 200 concerts en Espagne.
Wagner Pa
Wagner Pa vient de Rio. Il est arrivé à Barcelone il y a 15 ans pour suivre sa mère fonctionnaire au consulat du Brésil. Après des études de philo, il devient barman. Mais lassé de shaker des Caïpirinha, il passe aux platines. Aujourd'hui, il vit de sa musique. En 99, avec un ami sénagalais, Wagner fonde le Club Mestizio, le temple du métissage.
Kumbia Nabis
Pour les espagnols, les Kumbia Nabis sont des "sudakas", des indésirables débarqués en Espagne aprés la catastrophe économique argentine. Dans les années 60, leurs parents avaient fait le chemin inverse pour fuir la dictature de Franco. Pour la kumbia Nabis, la Bastarda est aussi un style de vie. Ils font passer Manu Chao pour un petit bourgeois. En 6 mois, ils écoulé leur premier album à 7000 exemplaires en les vendant directement dans la rue. Du coup, ils se permettent de boycotter les salles de concerts: trop capitalistes!