Juan Antonio Bayona
Les réalisateurs hispaniques mènent la danse du cinéma fantastique mondial et font jouer des castagnettes aux dents de leur public. Caramba !
Ceci est la dream team du nouveau cinéma fantastique hispanique. On connaît Guillermo Del Toro , le réalisateur de "l'Echine du Diable" et du "Labyrinthe de Pan" et le duo Jaume Balaguero et Paco Plaza, auteurs de l'abominable "REC". Mais il faudra aussi désormais compter avec Juan Antonio Bayona, 32 ans, qui vient de signer avec "l'Orphelinat" le second plus gros démarrage de tous les temps sur ses terres pour un film espagnol, grillant la politesse à "Harry Potter" et "Ratatouille".
Ex-réalisateur de clips audacieux, il frappe fort avec ce premier film macabre produit par Guillermo Del toro.! Mais quelle mouche a donc piqué cette nouvelle génération ibérique?
Juan Antonio Bayona : "on fait partie d’une génération de cinéastes qui a subi l’influence du cinéma international, américain ou européen, mais on a aussi grandi avec les grands classiques du cinéma espagnol comme les films de Carlos Saura – c’est d’ailleurs pas un hasard que Géraldine Chaplin soit dans le film - C’est pour ça qu’on s’inscrit un peu en marge des formules ou des archétypes qui caractérisent le cinéma de genre américain. Pour moi, Laura, le personnage principal du film, n’est pas une héroïne typique. Je me reconnais plus dans sa fragilité, ses erreurs que dans son héroïsme."
Dans le film de Juan Antono Bayona, Laura revient avec son fils Simon dans l’orphelinat où elle a passé son enfance, pour le transformer en foyer pour enfants handicapés. Mais la maison n'est pas aussi vide qu'elle en a l'air : "le film fait aussi partie d’une tradition littéraire gothique et pour nous la référence la plus évidente a été Henry James. Avec le scénariste, on a cherché à se rapprocher de son univers pour donner une dimension fantastique au film. Donc c’est à la fois un film d’horreur avec tous les éléments classiques du genre et un drame psychologique qui évoque le désarroi d’une femme qui ne peut pas supporter la perte d’un être cher."