Dream - Beastie Boys

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Après plusieurs années de silence radio, les Beasties reviennent en force. Le trio de quadragénaires est bien décidé à poursuivre sa trajectoire singulière dans le milieu hiphop. Leur histoire a démarré dans les années 80 et a puisé son énergie primitive dans les clubs punks de New York, ville à laquelle est dédié leur dernier album.

Les Beastie Boys sont de retour. Après six ans sans nouvelles, le groupe vient de sortir « To the 5 boroughs », un album immédiatement catapulté en tête des charts dans de nombreux pays. Actuellement, Mike D, MCA et Adrock sont en tournée mondiale, ils remplissent les stades et prouvent qu’à 40 ans, on peut faire du hiphop en restant crédible. Mais pourquoi se sont-il faits attendre si longtemps ?

Parmi les six albums que les Beastie Boys ont sorti en 20 ans, pas moins de quatre ont été numéro un. Et pourtant, ils s’étonnent toujours à l’idée qu’on puisse comprendre leur musique. A l’origine, les Beastie Boys sont un groupe d’ados boutonneux et insolents. Au début des années, MCA et Mike Diamond s’associent avec deux copains pour jouer du punk sauvage et déjanté dans des clubs new-yorkais.
En 1981, les Beastie Boys sortent le clip « Holy Snappers », prouvant que punk et kilt écossais font bon ménage. A cette époque, ils jouent encore du punk, mais très vite, leur fascination pour le hiphop prend le dessus.

Mike D : "J’ai grandi dans les années 80. J’étais un enfant du punk mais dès que j’ai entendu le hip hop, j’ai su que c’était ma musique. Je me suis identifié tout de suite à cette musique. Peu à peu, les clubs de punk et de new wave dans lesquels on traînait se sont mis à passer des albums de hip hop et ces groupes sont venus jouer. Ce n’est pas le choc de deux mondes mais plutôt une attitude commune."

Ils seront les premiers à résoudre l’équation punk + hiphop. En 1985, ils jouent en première partie de Madonna et de Run DMC. En 1986, ils raflent la mise avec leur premier album « Licenced to Ill ». La vidéo de « Fight for you right » exprime les états d’âme de toute une génération et contribue à faire connaître les trois jeunes New-Yorkais aux quatre coins de la planète.

Les Beasties Boys se retrouvent en haut de l’affiche, dans les plus grands stades du monde. Noirs, Blancs, fans de rock ou de hiphop, tout le monde les aime. « Licensed to Ill » restera dans l’histoire comme le premier album de hiphop à s’être vendu à plus de 5 millions d’exemplaires. Mais leur image de poivrots braillards commence à faire désordre.

MCA : "Quand on s’est aperçu que notre public était surtout composé d’étudiants éméchés, on s’est dit : “D’où sortent ces mecs ?“ Ce n’était pas du tout notre public d’avant."

Mike D : "Au début, on se disait qu’on allait déconner à notre façon, les arroser à la bière et tout ça, mais ils ont fini par attendre que l’on fasse ça à chaque concert. On y va et on fait le même truc. A ce stade là, ça devient glauque ; c’est là qu’on a décidé de faire un break pour se retrouver tous les trois et faire de la musique et se marrer."

Les Beastie Boys se séparent de Def Jam, leur label, et tentent un nouveau départ à Los Angeles. En1988, ils sortent « Pauls Boutique ». Ce n’est pas le gros succès escompté, mais ils persévèrent. Le succès reviendra avec « Check your Head », leur troisième album. Dans les années 90, Mike D, MCA et Adrock passent à la vitesse supérieure. Fini de rigoler : chaque occasion est désormais bonne pour dire leur opinion politique et pour défendre la cause des minorités opprimées. Et ils ne cachent pas leur aversion pour George Bush. Nos trois lascars ne manquent pas d’autodérision, comme le prouve le clip « Sabotage », le clip de Spike Jonze, une parodie de la série culte « Starsky et Hutch » qui tourne à bloc sur les chaînes musicales. En revanche, leur numéro de danse dans le clip de « Intergalactic », dont l’action se situe dans le métro de Tokyo, a un poil irrité les Japonais.
Régulièrement, ils s’essaient à de nouveaux rôles. Dans le clip « Body Movin », ils passent allègrement de George Washington à Fantomas, au mépris des règles établies. Dans « Check Check it out », leur clip actuel, Mike D, MCA et Adrock montrent en quatre minutes tout l’éventail de leurs capacités de comédien. A bientôt 40 ans, ils ne sont pas pressés de devenir adultes.

Depuis la fin des années 90, le trio a retrouvé New York, sa ville d’origine. La Californie, c’est terminé. Sur leur dernier album, « To the 5 boroughs », un hommage à leur ville natale, plane le fantôme du 11 septembre. La chanson « An Open Letter to NYC » est même une déclaration d’amour en bonne et due forme. Aujourd’hui, les Beastie Boys sont plus âgés et plus calmes. Leurs relations avec les journalistes, autrefois tumultueuses, sont désormais plus détendues. Le clip de « Rickys Theme » les met en scène dans la peau de grands enfants de 70 ans. Peu leur importe les années, les Beastie Boys resteront les Beastie Boys.



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