Interview de la semaine - Blowfly
Depuis 40 ans, ce modèle original de la perversion inspire tous ceux qui repoussent les limites. Pour les pires Gangsta rappers, il est le Don Corleone de la provocation. D'ailleurs, il s'autoproclame "The World Baddest Nigger, "le nègre le plus pourri du Monde"!
A 62 ans, Blowfly, littéralement "la Mouche à Merde", n'a rien perdu de son doigté. Son dernier mauvais coup: "Blowfly Punk Party", une collaboration avec le gourou du punk hardcore californien, Jello Biafra. Il y transforme "Holidays in Cambodia" des Dead Kennedys en "R-Kelly in Cambodia".
Dès le milieu des sixties, il détourne en versions cochonnes les plus beaux hymnes soul et sort le premier Rap classé X: "Rap Dirty". Sous le masque de Blowfly, Clarence Reid. Un docteur Jekyll et Mister Hyde qui a commencé sa vie à la dure. Entouré de sept frères et sœurs, il ramasse le coton à cinq ans auprès de sa grand-mère en Georgie. Lorsqu'il déboule à Miami au début des sixties, la Floride est la Riviera américaine.
Pour écrire la B.O. de cette Dolce Vita, des dizaines de labels se rêvent en nouveau Motown. Clarence Reid devient compositeur et intègre le plus prometteur d'entre eux, Deep City. Il signe de nombreux hits locaux, souvent accompagnés par les cuivres de la fanfare du One Hundred Marching Band. Des morceaux pillés 30 ans plus tard par les dirty rappers de 2Live Crew ou DMX, qui oublient souvent de le créditer!