Vision - Bruce laBruce
Normal oui, conventionnel non. Telle pourrait être la devise de Bruce LaBruce, l’icône actuelle du porno gay. Quand le sexe devient une arme…
Ce réalisateur gay de Toronto s'est armé d'une caméra pour combattre le mainstream, la société de consommation et le capitalisme. Une attitude qui lui valut d'être invité à la Berlinale en 2004. Dans ses films Bruce LaBruce s'attaque à l'embourgeoisement de la scène gay ("Skin Flick"), l'homophobie dans le milieu punk ("Slam!) et la récupération à buts commerciaux de l'esprit révolutionnaire des années 60 et 70 ("Raspberry Reich"). Rester en marge et critique, un combat mené de front par un réalisateur dont tout le monde dit que les scénarii tiennent la route - un fait rare.
Le tout commence à en 1987 à Toronto. Bruce fait partie d'un groupe punk et se heurte à une forte homophobie. Il saisit alors sa caméra Super 8 et réalise son premier film explicitement gay tout en revendiquant un certain radicalisme musical et politique. S'en suivront des films pornographiques à petits budgets où messages politiques se conjuguent avec scènes de sexe.
Dans son dernier film, « Raspberry Reich », la révolution est orchestrée par des morts-vivants anticapitalistes. Pour Bruce, les vrais zombies, c’est la masse aveugle des consommateurs. En guise d’illustration, il use d’hémoglobine et, bien sûr, de sexe.