Dream - Carl Craig
Carl Craig est le roi de la techno. Depuis 20 ans, il créé tube sur tube, pour le plus grand bonheur des club où il se produit. Pour Tracks, le "King of Techno" dévoile certains de ses secrets de fabrication.
Carl Craig : "Ce qui me différencie des autres, c’est mon rapport privilégié à la musique. Je suis producteur et je produis souvent mes propres disques. C’est ça qui fait ma différence. Je ne suis pas comme DJ Jazzy, Kid Koala, A-Track ou les autres. Ils savent tous scratcher mais moi, je me vois plutôt comme un artiste de studio que comme un performer. "
Pour Carl Craig, tout a commencé à l’âge de 17 ans, dans sa chambre, à Detroit. Qui sait ? Si Carl Craig n’avait pas été un auditeur fidèle du génialissime DJ radio Derrick May sur WJLB, il aurait peut-être fini dealer sur le pavé sordide de Detroit. Mais dj Derrik l’inspire et Carl produit ses premiers morceaux. Qu’il s’agisse de son matériel ou de ses collaborateurs, Carl est un pro qui maîtrise les moindres détails de ce qu’il fait. C’est son deuxième secret : travailler de façon structurée.
Carl Craig : "J’utilise le logiciel « Sorato ». Je travaille quatre jours, lundi, mardi, mercredi et jeudi. Le dimanche soir en arrivant, je ne fais rien, le lundi pas grand-chose alors il me reste le mardi, le mercredi et une partie du jeudi, parce que j’en général je reprends l’avion dès le jeudi soir."
Même en tournée, Carl ressemble plus à un businessman qu’à un DJ. Et les affaires tournent bien. Il sillonne la planète de club en club et chaque semaine, son label produit à peu près 300 milliards de remix, très grassement payés. Et après le boulot, pas question de se défoncer la tête plus que de raison. C’est le secret numéro trois de sa réussite.
Carl Craig : "Pendant mon temps libre, je n’éprouve pas le besoin de fréquenter des bars pour rencontrer du monde et boire en compagnie. Mon boulot, ça consiste à voir des gens, faire de la musique, serrer des mains et signer des autographes. Alors chez moi, j’aime rester tranquille. Quand les enfants sont couchés, si ma femme est encore debout je bois une bouteille de vin avec elle. Et si elle dort déjà, je la bois tout seul !"
Les morceaux de Carl Craig se distinguent par une élégance et une intemporalité quasi élégiaque. Même quand il publie sous d’autres pseudos comme BFC, Psyche, Paper Clip People, il s’efforce de produire des morceaux qui garderont une certaine actualité, même dans trente ans. C’est son quatrième secret.
Carl Craig : "Bien sûr, quand je fais du DJaying, tout dépend du public. Si les gens réagissent bien, si on est sur la même longueur d’ondes, je prends mon pied. Mais parfois, c’est comme dans les Blues Brothers, tu joues dans un bar, personne ne comprend rien à ce que tu fais et tu te retrouves à jouer "Rawhide" toute la nuit. Et les gens sont ravis ! "
Justement, pour fuir la routine et la répétition, Carl se fixe sans cesse de nouveaux défis musicaux. Avec l’Innerzone Orchestra, il tente un mélange avant-gardiste de jazz, de classique et de musique électronique.