Les clowns mutants

Le clown mute et se fait la belle. À l’image de James Thiérrée, il a balancé son nez rouge, chausse du 40 et s’est échappé du chapiteau.

Né en 74 à Lausanne, en Suisse, Thiérrée l’enchanteur joue hors catégorie. Danseur, acrobate, mime, magicien, musicien, il invente un théâtre absurde, burlesque et sans parole qui laisse baba. Comédien pour Peter Greenaway ou Coline Serreau, James a monté sa propre troupe, la compagnie du Hanneton. Fin janvier, il se produisait dans sa ville natale au théâtre Vidy avec son dernier spectacle « Au revoir parapluie». Beaucoup voient en Thiérrée l’héritier de Charlot. Ça tombe bien, son grand père n’est autre que Charlie Chaplin.

En 68, les parents de James, Jean Baptiste Thiérrée et Victoria Chaplin imaginent un cirque sans éléphants ni roulement de tambour. Fini l’enfilade de numéros, le duo invente une nouvelle forme de spectacle, prémice du nouveau cirque. C’est là que James Thiérrée joue ses premiers rôles avec sa sœur, il a 4 ans.

Complètement survoltés et frapadingues, les Semianyki, « la famille » en russe, font basculer le clown dans la folie pure. Débarquée de Saint-Pétersbourg et diplômé de l’école du Théâtre Licedei cette troupe de 6 timbrés tourne depuis 5 ans avec leur show qui dynamite la famille russe.

Avec Jeanne Mordoj, le clown vit une véritable mutation physique. En s’inspirant d’un des personnages les plus emblématiques du freak show : la femme à barbe, la comédienne performeuse révolutionne l’art du clown. Dans son spectacle « l’Eloge du poil » présenté en juin dernier à l’Espace Chapiteaux de la Villette à Paris, Jeanne Mordoj, contorsionniste et jongleuse depuis ses 18 ans invente le clown génétiquement modifié.


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