Tribal - Hackers

On les appelle "geeks", "nerds", "nolife" ou "hackers". Autant de néologismes qui définissent la diversité de la culture underground d'internet.

Ils souvent dépeints comme des accros, des cyberdépendants, ou comme des criminels, pirates nuisibles et destructeurs. Eux, préfèrent se présenter comme des passionnés de l'univers numérique.
Nés avec l'informatisation des foyers, ils ont grandi avec un ordinateur au bout des doigts et le font savoir. Lorsque le geek sort de chez lui, c'est pour rencontrer d'autres geeks. L'Assembly de Tampere en Finlande est l'un de ces grands rassemblements annuels où les maniaques de la ligne de code parfaite se retrouvent pour une joute informatique : la demoparty ou demoscene.

Ces rencontres sont une sorte de performance artistique informatique, au cours de laquelle s'affrontent jusqu'à 5000 participants, reliés en réseau et travaillant en petits groupes. Objectif : allier images de synthèse et musique électronique dans un petit programme qui doit consommer le moins de ressources informatiques possibles. En somme, c'est une compétition technique où les demosceners s'affrontent à grands coups de code pour faire valoir leurs talents de programmeurs.

Les démos sont nées aux débuts de l'informatique et du piratage. Elles accompagnaient généralement les copies pirates ou les petits programmes qui servaient à casser les protections des jeux ou des programmes pour empêcher la distribution illégale (les cracks). Peu à peu, le demomaking est devenu un genre artistique à part, aujourd'hui éloigné du piratage.

Mais demomakers et hackers sont souvent les mêmes. Derrière les prouesses techniques de ces informaticiens aux doigts d'or, se cachent également des revendications militantes. Parce qu'ils savent casser les protections et entrer dans toutes sortes de systèmes, ils ont aussi conscience des dangers de la technologie lorsqu'elle tombe entre de mauvaises mains. C'est pourquoi ils sont souvent les premiers à dénoncer les failles des systèmes sensés nous protéger, voire à les détourner pour condamner la surveillance toujours croissante des citoyens ou les abus qui profitent de l'ignorance des consommateurs.

Ces "artistes" underground du numérique naviguent sans cesse entre résistance et illégalité : ils sont des Robins des bois virtuels pour ceux à qui l'intrusion des réseaux informatiques dans la vie privée donne de l'urticaire, mais ils sont aussi devenus les bêtes noires des dirigeants politiques et économiques. Depuis 2001, les gouvernements ont largement renforcé toutes les peines encourues par les pirates informatiques, les assimilant parfois à des terroristes.

Ainsi, Gary McKinnon pourrait bien séjourner quelques temps à Guantanamo. Il est poursuivi sous huit chefs d'accusation (dont certains font partie des lois anti-terroristes) par quatorze états américains, pour s'être introduit dans les systèmes informatiques de l'armée et de la NASA dans le but, selon lui, de démontrer que le gouvernement des Etats-Unis possède des preuves de l'existence des extra-terrestres. Il risque 70 ans de prison.



Retour au menu Retour à l'historique