Irina Lazareanu

Nouvelle égérie de Karl Lagerfeld, la jeune top model roumaine vénère Dylan et Cohen, les poèmes de William Blake et ceux de ses amis Pete Doherty, Kate Moss ou Sean Lennon, avec qui elle sort un album.

Dan Sartain

Fluet, cheveux gominés, blouson de cuir et immense guitare des années 50 : c'est le rocker qui monte.

A 23 ans Dan Sartain, le James Dean du punk a une belle panoplie : look, lunettes de soleil, une tonne de gomina. Dan est un fan absolu de rockabilly. A l’école, même par 40 degrés à l’ombre, il ne quittait jamais son blouson de cuir. Ses parents étaient hippies et laissaient faire. Les vieux tubes rockabilly comme « Drive-In Show », d’Eddie Cochran, Dan les connaît par cœur. Eddie Cochran n’est pas le seul à avoir impressionné Dan Sartain. Parmi les influences dont il se revendique Alice Cooper, figure en bonne place. A chacun de ses concerts, Dan reprend « Second Coming », le morceau d’Alice Cooper qui se trouve d’ailleurs sur son premier album .



Mode et politique

A force de récupérer des messages politiques, la haute couture tend à les vider de leur substance. Autrefois, le keffieh était bon marché mais il avait une signification. Aujourd’hui, certains modèles coûtent plus de 300 euros mais plus personne ne sait ce qu’ils représentent. En 2007, la révolte est un spectacle comme un autre et ses symboles sont devenus des accessoires de mode. Stéphanie Müller et Lisa D nous prouvent que les opinions ne sont pas incompatibles avec un certain chic. Il est peut-être temps de rendre à la mode tout son potentiel d’expression.

Stephanie Müller
Stéphanie Müller est une activiste de la mode et apôtre du Do It Yourself. Pour ces dernières créations, elle a sorti le poste de soudure. En 2005 Stéphanie à décroché le prix du public lors du "Baltic Fashion Award". La couture n’est pas le seul moyen d’expression de Stéphanie. Musicalement, elle suit exactement la même ligne de conduite, sans faire de compromis.

Lisa D.
Autre univers, autres moyens. Lisa D. est une designer autrichienne qui associe haute couture et message politique. Aujourd’hui, elle présente "Boat People", son nouveau label de mode.
Le concept de Lisa pour "Boat People" consiste par exemple à acheter une cinquantaine de culottes pour enfants et d’en faire une robe de soirée ultra-smart. Le nom du label est une allusion à la rumeur selon laquelle certaines grandes chaines de vêtements feraient produire leurs marchandises sur des bateaux pour échapper aux taxes et aux charges sociales.
Mais les fringues patchwork à message politique ne permettent pas encore de gagner de l’argent. L’activisme ne nourrit pas son homme et en parallèle Lisa créé aussi des vêtements plus conventionnels. Famine, misère, esclavagisme : Lisa aborde tous les sujets, avec une ironie parfois grinçante : le motif d’un enfant ployant sous le poids de son fardeau contraste avec cette robe, presque aussi légère que l’air.



Edits

La mode actuelle est au revival, décliné sur tous les tons. Dans la musique, c’est la même chose. Les vieux tubes retrouvent une seconde jeunesse grâce aux edits, des rééditions réalisées par différent DJs.

Clovis et Guillaume sont parisiens. Ils ont créé le Dirty Soundsystem. L’une de leurs occupations favorites : dénicher d’anciens vinyles à partir desquels ils fabriqueront leurs edits. Explications :
Guillaume Sorge : "Ce n’est pas un remix parce qu’on garde le morceau original et on ajoute quelques effets, c’est tout. Quand on fait un remix, on garde souvent la voix et on refait entièrement l’orchestration. Dans un edit, on respecte le morceau existant, on en propose une version un peu différente."
Tout comme le Dirty Soundsystem, Pilooski s’est spécialisé dans les musiques dansantes méconnues voire carrément rares des quarante dernières années.
Et comme la plupart des editers, il investit tout son argent dans les vinyles. Il collectionne tout : de la disco des caraïbes, aux disques de gym rythmique, en passant par les groupes hippies anglais et les orchestres de percu allemands des années 70.
Partout dans le monde l’edit fait fureur. A Paris, Oslo, Londres et New York, les tubes anciens refont surface dans de nouvelles moutures. Mais le genre existe depuis une bonne vingtaine d’années. Il a été lancé par un certain Greg Wilson, DJ à Liverpool depuis la fin des années 70.
Greg Wilson est celui qui a introduit la soul, le funk et le disco dans les clubs anglais. Il a été DJ résident a l’Hacienda, LE club légendaire de Manchester. C’était le premier à mixer des albums en Angleterre. Si des groupes postpunk anglais, comme New Order, ont pris goût à la house américaine, c’est grâce à lui. Les premiers edits de Greg datent du début des années 80. Et ils ont été réalisés à l’ancienne, sur magnétophone.



Burlesque

La mode burlesque et le rockabilly ont la vie dure. Dans l’univers musical, le rockabilly occupe d’ailleurs une place à part : il n’a jamais complètement disparu et il a su intégrer des nouveautés, comme lors de la vague psychobilly des années 80. Par contre, il n’a jamais vraiment conquis le grand public.

Sammy the Scissors
Les fringues de ce petit milieu sont fabriquées chez Sammy The Scissors. Ces tenues ne se trouvent pas en magasin. Sammy coud ses vêtements sur mesure et sur commande, dans des tissus que ses clients viennent choisir dans son atelier. Avec ses créations, Sammy réinvente la femme fatale du burlesque et la pin-up des années 50.

Les Teaserettes
Si dans les années 50, il suffisait d’une rose tatouée sur une épaule pour déclencher un scandale, les filles rockabilly d’aujourd’hui, sont souvent tatouées sur tout le corps. Les costumes de scène des Teaserettes ont été créés par Sammy. De jour, les Teaserettes sont archéologue, chargée de relations publiques ou mère de famille. De nuit, elles font virevolter leurs atouts comme des vraies pros.



Autseider

La beauté idéale n’est décidément pas en vogue. Aujourd’hui, pour être dans le coup, mieux vaut être original. Dans les agences de mannequins, les looks décalés et les physiques hors normes font un malheur.

Le fichier de l’agence Autseider compte plus de 500 mannequins hors normes. La plupart travaillent pour la pub, le plus souvent pour faire vendre des objets qui n’ont en soi rien d’extraordinaire, comme des téléviseurs, des planches à découper ou des barbecues. Certains font aussi de la figuration au cinéma.



Live - Kids on TV

Inclassables et franchement boarderline, le groupe qui suit fait un bras d’honneur au culte du corps et à la perfection esthétique : les Kids on TV.

Originaires de Toronto, les Kids on TV proposent un tonitruant mélange de house et de musique industrielle. Dans la lignée des punks, ces Canadiens prouvent qu’avoir un look de chiottes, ça peut être drôle.
Les Kids on TV veulent être plus qu’une émanation musicale siphonnée des milieux gays et lesbiens. Leurs textes intègrent l’histoire de la communauté homo.
Les Kids on TV s’inscrivent dans la tradition queercore, un style issu du punk, au milieu des années 80, avec une idée simple : envoyer le mainstream homo se faire voir.




Retour au menu Retour à l'historique