Live - Fehlfarben
Le conformisme était l’une des cibles préférées du groupe Fehlfarben dans les années 80. Et ils n’ont toujours pas baissé les bras.
Dans les années 80, Peter Hein était la voix de sa génération. Il avait l’art de transposer l’air du temps et les moments de clefs de son époque en chansons. En 1980, les Fehlfarben sont la variante allemande de Clash ou de The Jam. Le nom de scène de Peter Heim, "Janie Jones", s’inspire d’ailleurs d’une chanson des Clash. Mais au moment de partir en tournée à travers l’Allemagne, Peter Jones quitte soudain le groupe pour ne pas perdre son emploi de bureau. Une attitude pas vraiment punk, qui n’empêchera pourtant pas les Fehlfarben de devenir un mythe. En 2002, ils décident de remonter sur scène, cette fois avec Peter Hein au micro.
Sur le premier album, "Monarchie et quotidien", on trouve "Es geht voran – Le monde va de l’avant". Le texte, déclamé par Peter Hein sur un rythme disco, disait : "les navettes de l’espace tombent sur des îles désertes, l’oubli se répand, le monde va de l’avant".
Le texte est provocateur mais la musique passe bien dans les clubs. Résultat : la chanson devient rapidement l’étendard musical de la mouvance des squatteurs, des alternatifs et des pacifistes. Les Fehlfarben ont su toucher le nerf de l’époque : guerre froide, menace nucléaire, course à l’armement. "Des héros de série B s’apprêtent à régner sur le monde" disaient-ils, en écho au malaise collectif ressenti par leur génération. Une génération quelque peu égarée dans le marasme des années no future.
L’agressivité des années 80 est retombée. Avec de nouveaux albums comme "Knietief im Dispo – Dedans jusqu’aux genoux" et "Handbuch für die Welt – Traité du monde", les Fehlfarben prouvent qu’ils ne vivent pas dans le passé. Leurs textes fustigent avec sarcasme la vie au quotidien dans un monde sans utopies et les excès du capitalisme décomplexé.