Dream - The Flaming Lips

Pas de virtuose chez les Flaming Lips, mais un vrai génie des artifices. Depuis vingt ans, ce groupe pochette-surprise utilise tous les subterfuges pour masquer ses faiblesses. Pari gagné pour le monsieur loyal de cette bande d’illuminés, Wayne Coyne: à défaut de chanter juste, cet homme a la foi.

Né en 61 à Oklahoma City entre les puits de pétrole et les rednecks, Wayne Coyne laisse vite tomber le lycée pour les drogues douces, la peinture et la musique. Avec ses quatre frères, ils forment la bande des "Fearless freaks", "les monstres sans peur". En 83, Wayne monte un groupe punk avec son petit frère Mark. Ils recrutent leur bassiste Michael Ivins sur sa coupe de cheveux. Les Flaming Lips littéralement "Lèvres en Feu" donnent leur premier concert dans un club de travestis. Incapables d’aligner trois accords, ils compensent leur manque de talent en jouant vite et fort.
Ces concerts chaotiques font leur réputation. Après le départ de Mark, Wayne Coyne devient le leader et chanteur du groupe. En 91 ils décrochent un contrat avec une major et Wayne se voit obligé de recruter de vrais musiciens plus expérimentés. En 93, coup de théâtre: c'est le succès contre toute attente avec "She don’t use jelly" une sombre histoire de vaseline. Trois ans plus tard, coup dur : le guitariste Ronald Jones quitte le groupe après avoir découvert qu'il était agoraphobe.

Wayne Coyne : "Après le départ de Ronald, j'ai immédiatement pensé "Pourquoi ne pas faire autre chose de complètement fou et ne plus se soucier de la guitare?" Alors j'ai élaboré ce qui a été baptisé plus tard: les experiences de parking. J'ai réuni tous mes amis possèdant des auto-radios puissantes dans leur voiture et je les ai stratègiquement placés sur un parking en fonction de la qualité de leurs stéréos. J'avais enregistré ces cassettes, une cassette pour chaque voiture, donc ça faisait 40 cassettes en tout. Et ces cassettes étaient lues en même temps. Tout ça passait de vraies musiques à de simples sons, et le tout créait une atmosphère totalement innatendue…"

Toujours en quête d'idée nouvelle, les Flaming Lips se lancent dans un projet colossal: un album divisé en 4 CD qu'il faut lire en même temps sur 4 platines différentes pour en entendre les chansons. Une première dans l’industrie du disque et un échec commercial de plus pour Wayne et ses amis. Pour le public, pas toujours facile de suivre le génie des Lèvres en feu. En 2002 le magazine Q les classe parmi les 10 groupes à voir sur scène avant de mourir. Quand on a autant de talent pourquoi ne pas se lancer dans le cinéma. Avec "Christmas on Mars" Wayne Coyne réalise un projet pharaonique tourné dans son jardin. Démarré en 2001, il n’est toujours pas achevé et l’entourage de chanteur n’a toujours pas compris de quoi il parlait.

Wayne Coyne : "Pour le moment c'est un film scientifico-existentiel, religieux et psychédélique… ça me semble plutôt pas mal!"



Retour au menu Retour à l'historique