Vision - Le cinéma belge
[re-diffusion >>TRACKS Hits]En Belgique toute une bande de zinzins de la pellicule s’adonnent à la joie de tourner des films aussi fauchés que totalement givrés. Devenu culte avec le film "C’est arrivé près de chez vous" et la série télé "Monsieur Manatane", Benoit Poelvoorde trône au royaume des bouffons. Derrière le Lance Amstrong de l'absurde, un peloton d'excentriques belges réalisent des films bien frappés.
Benoit Poelvoorde : "J’ai une affection, une admiration et un respect immodéré pour les vrais fous les bouffons, les excentriques profonds. L’excentricité pour moi c’est une forme d’élégance. Mais par contre, ils sont rares, les vrais excentriques."
Le documentaire "Cinéaste à tout prix" sorti en salle, zoome sur trois Don Quichotte du cinéma belge. Dans ce trio, l'encagoulé Jean-Jacques Rousseau, ancien maçon. Rentré dans le cinéma par effraction, il tourne depuis plus de 30 ans des films kitsch et inclassables au budget rikiki. Jamais cité dans aucune revue ni encyclopédie du cinéma, il règne dans l’anonymat le plus complet.
Jean Jacques Rousseau : "Mon cinéma ne peut pas avoir de grands moyens. Faut qu’il y ait des moyens mais pas de grands moyens. Parce qu’alors on aurait tendance à faire autre chose que mon cinéma. Ce serait trop confortable."
Dans les Ardennes, loin d'Hollywood, ces réalisateurs improvisés réinventent l'art du cinéma. La bande de "Cinéastes à tout prix", s'autofinance et s'autodistribue, quand au casting, il est sauvage. Ex-ingénieur, Marc Levie décide de réaliser son rêve d’enfance : faire du cinéma. Mais le tournage de son film s’enlise et capote devant l’œil de son assistant qui tourne le making of. "Ne Faites pas du cinéma", c'est "Lost in La Mancha dans les Ardennes".
Parfois, les histoires belges finissent au festival de Cannes. Tourné au cœur des Ardennes, "Calvaire" est la version wallonne du traumatisant "Délivrance". Jackie Berroyer joue le rôle d'un aubergiste tortionnaire qui kidnappe un jeune chanteur pour en faire sa femme. Scandale à Cannes, son réalisateur Fabrice du Welz persiste et signe.
Fabrice du Welz : "C’est un film d’amour, oui. Un film d’amour un peu déviant mais c’est un film d’amour."