Backstage - Total Guitar
Ses origines sont floues, ses premières traces remontent à -3000 en Perse! Étymologiquement, "guitare" combine deux mots: "Sangeeta" qui veut dire "musique" en sanskrit, et "tar", qui signifie "corde" en perse. Les Maures la rapportent en Espagne au Xe siècle. 1600 ans plus tard, amplifiée, elle devient l'arme fatale du rock'n'roll. Ses héros s'appellent Jimi Hendrix, Jimmy Page ou Ritchie Blackmore. En 2007, ses adorateurs vouent toujours à la guitare un culte sans limites qui ne cesse de nous surprendre.
Dans les années 80, le Suédois Yngwie Malmsteen met tous les autres guitar héros à l'amende avec ses concerts fleuves entièrement instrumentaux où la virtuosité l'emporte sur la musique. Les Américains, Joe Satriani ou Steve Vai relèvent le défi. Du coup, Glenn Branca invente l'anti guitar-héros en composant des cacophonies pour 100 guitares! Comme le mythique roi du rock Bo Diddley, le new-yorkais membre du courant "no-wave" fabrique lui-même ses propres instruments. La classe!
Toujours plus fort, le Coréen Zack Kim. Pour cet autodidacte de 24 ans, une seule guitare, c'est trop facile! Totalement ambidextre, il reprend des standards de légende comme Super Mario ou Les Simpsons !
Pour ces accros de la six-cordes, tout est permis. Comme la peinture sur soie, le tatouage de prison et le Lowriding, ces instruments sont l'expression la plus pure d'un courant artistique sans commissaire d'expo ni critique d'art...
Mais le délire ne s'arrête pas en si bon chemin. Bob roule en guitare, Don fait du camping avec, et José, luthier portugais, vit carrément dans une superbe guitare de 16 mètres de long, 8 de large, et pesant 4 tonnes. Et puis tient, si on se passait de guitare pour jouer de la guitare? Dans la vraie vie, ça ne s'invente pas, David Jung fabrique des instruments hi-tech' pour ramasser les crottes de chien. En 2003, ce guitar hero de l'invisible a aussi été sacré Champion du Monde de Air-Guitar.
Backstage - Neo Hard Rock
Il y a 35 ans, leurs parents fricotaient sur "Smoke on the Water", et voilà le résultat ! Les baby-hardos ont grandi avec le rap et la techno mais c'est l'organe de Robert Plant et les feulements de Black Sabbath qui leur servent d'Etoile du Berger.
Andrew Stockdale : "Je pense qu'à cette époque, les gens s'investissaient beaucoup plus dans leur musique qu'aujourd'hui. La quantité d'énergie qu'ils mettaient dans une chanson, la plupart des groupes n'y arriveraient pas en un concert entier de nos jours. Il y a quelque chose dans cette époque qui te scotche. C'était peut-être les drogues ou autre chose, mais tout avait plus l'air excentrique."
Il y a très longtemps, dans les années 70, les groupes de Hard-Rock régnaient sur la Planète. Portées par la vague pop des sixties, les maisons de disques investissent des sommes colossales dans les méga-shows de Led Zep, Thin Lizzy, Kiss, Scorpions ou ACDC. Entre des sonos à faire s'envoler des troupeaux d'éléphants, des effets spéciaux à faire pâlir Dark Vador, et des costumes que même dans les péplums, on n'en a pas des comme ça, c'est l'escalade. Le rock, bébé, c'est "bigger than life".
En 2007, les louveteaux de Wolfmother aussi veulent voir les choses en grand! Originaire d'Australie comme ses aînés d'ACDC, le trio, emmené par Andrew Stockdale, remet les solos de guitare et les cris de coyotes au goût du jour. Avec un album sorti en 2005 et un Grammy Award dans la catégorie Hard Rock, Wolfmother dépoussière les riffs du métal avec des looks de voisins de palier. De quoi réconcilier les générations.
Dans les années 80, le Heavy-metal a peut-être poussé le bouchon un peu loin. Les crinières permanentées et les pantalons en Spandex ont pris le pas sur la rage des débuts. Le Hard louche vers la bande FM et s'arrondit aux angles. Ainsi David Coverdale, chanteur de Deep Purple de 73 à 76, laisse tomber le groupe pour lancer le très glam Whitesnake.
En 84, Rob Reiner donne le coup de grâce au métal avec le faux documentaire "This is Spinal Tap". Après ça, impossible de monter un groupe de hard sans être pris pour un comique. 12 ans plus tard, "Heavy Metal Parking Lot", qui donne la parole aux fans de Judas Priest, enfonce le clou sur le cercueil déjà bien plombé du Hard-rock. Hors-mode et sans complexe, c’est aussi ça qui nous séduit tant aujourd’hui !
Il faut attendre 2003, pour voir un groupe de métal ressusciter dans les charts. Mais trois ans plus tard, malgré trois millions d'exemplaires vendus pour leur premier disque, les Anglais de Darkness jettent l'éponge et leurs bigoudis! Quelle mascarade!
Formés en 2000, les Néo-Zélandais The Datsuns n'ont pas fait tout ce chemin pour qu'on les prenne pour des kiwis. Dès leur deuxième album, ils obtiennent la reconnaissance des anciens en se payant le bassiste de Led Zeppelin, John-Paul Jones, comme producteur. Pour eux, le Heavy-Metal se joue avec sérieux, pied au plancher.
Comptant Jimmy Page et Joe Elliott de Def Leppard parmi ses plus grands fans, le quatuor irlandais de The Answer est resté scotché en 75. Alors qu’ils n'ont sorti qu'un seul album, The Answer a déjà partagé la même scène avec Aerosmith, Deep Purple ou David Coverdale de Whitesnake.
Backstage - Planète Hard Rock
Le Hard Rock : ce son basique et radical embrigade les parias de l'Algérie à l'Indonésie ou de la Colombie à l'Inde. L’international du « headbanging » se tapit dans les endroits les plus inattendus.
Les Uglymen, "les affreux", sévissent en Malaisie depuis 93. Les 4 membres du groupe travaillent dans l’informatique la journée et la nuit ils jouent du Hard. De Casablanca à Alger, rien de tel pour hérisser le poil des barbus islamistes que de se convertir au Hard Rock. Le groupe algérien Litham n'a pas peur du grand méchant lourd. Soupape de décompression, le Heavy Metal peut aussi porter un message. En 1984, Les Colombiens de Kraken ont, avec un clip, tenté de concilier guitare et marxisme. C’est beau mais c’est triste ! Loin d'être un produit 100 % occidental, le Hard Rock se déguste à toutes les sauces. En Indonésie, Rhoma Irama, fan de Deep Purple et Led Zeppelin, s'autoproclame premier guitar hero musulman. Dans ses chansons, il reprend des citations du Coran. Depuis 95, Metakix, originaire de l’ouest de l’Inde défend la cause du Heavy Metal et, pour eux, exister, c'est déjà ça la révolution.