Backstage - Hardcore
C'était "the place to be", l'endroit où il fallait être cet été si on ne voulait pas bronzer idiot. 100% furieux, 100% indépendant, c'était à Nantes pour LE festival de Hard Core français.
A Nantes où il a posé ses enceintes, tout le monde craignaient de voir la ville tombée aux mains d'une horde de barbares. C'est donc sans subvention et quasiment sans sponsor que le Fury Fest s'est monté. Derrière l'évènement, Ben, 21 ans, ex-chef de rayon dans un supermarché. L'homme-orchestre s'est lancé dans des prêts personnels pour un budget total de 150 000 euros. Ils sont venus des quatre coins de la France, d'Angleterre, de Suisse et d'Allemagne pour la première édition du Fury Fest. Un week-end marathon dans une unique salle de midi à 1 heure du matin. Au final, huit mille fans: le double de ce qui été prévu. Le hardcore, c'est d'abord une musique de scène. Dans le hardcore, ni major, ni promo: l'argent part d'abord dans les tournées.
Le punk n'est pas mort en Angleterre à la fin des années 70, il est juste rentré sous terre. Plus extrême et plus radical, plus fort et plus rapide, Il s'est inventé une nouvelle vie aux Etats-Unis où il a trouvé son nom de guerre : hardcore. La scène Hardcore explose à partir de 81 des banlieues de Los Angeles à New York. Anti-mainstream, hyper-politisés et adeptes du Do It Yourself, des groupes comme The Germs, Minor Threat, Bad Brains ou Black Flag proposent une alternative au monopole des majors et jouent la bande-son d'une Amérique qui part en vrille. Au milieu des années 90, une nouvelle vague, avec des groupes comme Madball, rajoute du métal dans la marmite Hardcore. L'esprit, lui, est intact.