Vision - Cinéma Hong Kongais
Après 10 ans de crises, la citadelle de HongKong est en proie au doute. L’entertainment à l’ancienne avec ses voltiges aériennes et les grimaces de Jackie Chan est remis en question.
Felix Chong
Avec "Les Infiltrés", Martin Scorsese a raflé 4 statuettes aux derniers Oscars. Une vraie performance quand on sait que le film est le remake de "Infernal Affairs", une oeuvre hongkongaise scénarisée par Felix Chong. Felix Chong et ses deux compères réalisateurs, Alan Mak et Andrew Lau, ont déclenché, il y a trois ans, avec " Infernal Affairs", la nouvelle vague du polar noir de HongKong. Leur nouvel opus "Confession Of Pain" surfe sur ce courant sombre et paranoïaque. Hollywood a déjà prévu d'en faire un remake.
Pou Soi Cheang
"Dog Bite Dog", le dernier film du réalisateur Pou Soi Cheang, fait la peau au héros. Pou Soi Cheang a déjà réalisé huit longs-métrages. La plupart sont des films d’horreur. Dans son polar "Dog Bite Dog", il imagine un tueur à gage venu du Cambodge pour accomplir sa mission. Dépourvu de morale, il se sert des passants comme de boucliers humains. Les flics ne sont pas en reste.
Benny Chan
Dans les années 80, en plein âge d’or du polar hongkongais, les scénaristes hantaient les commissariats, histoire de piller les enquêtes en cours, pour les réinjecter dans leurs films. Une méthode de travail toujours employée aujourd'hui. Le réalisateur Benny Chan a fait parti de ces vétérans du polar musclé. Avec "Invisible Target" tourné cette année, il ne lâche pas l'affaire.
Benny Chan : "Moi, mon truc, c’est de montrer le bon côté de la police. En fait, je fais des films plutôt commerciaux qui suivent les codes du film de genre, avec des héros très courageux, et des scènes d’action bien senties. Mon style est d’abord basé sur l’efficacité, et moins sur l’ambiguïté entre le bien et le mal qu’on trouve chez mes collègues réalisateurs!
Quand on a préparé cette scène d’action, on savait déjà comment tout allait fonctionner. Comme le dit souvent Jackie Chan, c’est le "Hong Kong Style". Le style du cinéma de HongKong, c’est ce rythme effréné qui est resté le même depuis toutes ces années. Rien à voir avec ce qu’on fait à Hollywood. Là-bas on travaille sur la précision, avec beaucoup plus de temps. Le rythme de fous qu’on a ici sur les tournages, c’est ça qui fait le style de nos films."
Johnnie To
En 15 ans, HongKong est passé de 160 films produits par an à seulement 50. Milkyway Images, créé en 96 par le réalisateur Johnnie To est l'une des rares sociétés de productions indépendantes à tirer son épingle de ce jeu de massacre. Simon Yam, 57 ans est l'acteur fétiche de Johnnie To. Il a participé à la totalité des productions maison, des polars à budgets serrés comme "The Mission", "PTU", "Breaking News", ou encore "Election". Ces films ont hissé son auteur Johnnie To au rang de nouveau John Woo.