Backstage - Hyphy
Mais quelle mouche les pique? Dans le nord de la Californie, la région de San Francisco est ensorcelée par le Hyphy, un rap dopé à l'acid-house qui fait un carton chez les teenagers américains, toutes communautés confondues.
Le rap se booste à l'acid house
Gros consommateur d'ectasy, Mac Dre écrit en 2002 l'hymne hyphy "Thizzle Dance", la danse du gobbeur d'x. Après son assassinat en 2004, une myriade de groupes tombent dedans : Mistah F.A.B., Dem Hoodstarz,Turf Talk, the Federation. C'est le rappeur Keak da Sneak qui donne son nom au mouvement. Mais c'est E-40, un ancien dealer de crack de la Bay Area qui donne des ailes au hyphy.
Le "movement"
Avant d'être le berceau du hyphy, la bay area, la région de San Francisco fut le lieu de naissance du psychédélisme au milieu des années 60. Le point commun des deux mouvements : la drogue. Depuis 5 ans, la brigade des stups lutte contre un nouveau fléau : la crystal meth. Fabriquée dans des labos clandestins, cette drogue à bas prix était jusque-là l'apanage du white trash avant de contaminer les ghettos noirs. Hyper addictive, cette coke à la puissance 10 donne même un surnom à la région, rebaptisée la Yay Area par E-40.
La bande-son des side-shows
La Hyphy est devenue la bande-son des side-shows, les rodéos sauvages qui font fureur dans les nuits de la baie de San Francisco. Ironie du sort, ce mouvement qui prône la bêtise comme credo est né sur les terres des premiers Black Panthers. Un paradoxe en apparence: le hyphy c'est la réponse cool de San Francisco à la frime du rap gangsta et bling-bling.
E-40 : "La hyphy, c’est vraiment le truc de la nouvelle génération. "Soit Stupide", ça veut juste dire "laisse toi aller, sois toi-même, sors toutes tes frustrations, éclate-toi".