Interview de la semaine - Krisprolls
Dans sa guerre contre le tag, la SNCF lance une nouvelle offensive. Après avoir porté plainte contre 75 taggueurs elle assigne en justice trois magazines. Leur crime: publier des photos de trains taggués qui porteraient atteinte à l'image de rigueur et de propreté de la SNCF. Une première mondiale qui risque de coûter 150 000 euros à chacun des magazines.
Désormais, les taggueurs vont goûter aux joies de la "tolérance zéro" : 45000 euros d’amende et trois ans de prison, ça te dirait, Krisprolls?
Krisprolls
J'avais prévu autre chose pour les 3 prochaines années mais ça peut se négocier, c'est proposé si gentiment. On atteint un peu le comble du n'importe quoi, ils vont attaquer les mecs qui vendent des bombes, des bombes de peinture que n'importe qui peut acheter pour répeindre son vélo... Le graff, à la base, c'est pas fait pour être quadrillé par l'Etat... L'Etat, ils auront beau prévoir des emplacements réservés pour le graffiti, des murs de libre expression, mettre des amendes de 500 milliards de dollars. Y'a toujours des gens qui vont vouloir peindre.
Depuis 8 ans, Krisprolls pose ses tags de Varsovie à New York. Avec le durcissement de la répression, il a dû s'adapter. Molo les trains, et place à de nouveaux supports. Pour lui tout est bon, de la signalétique urbaine aux cartes postales publicitaires.
Krisprolls
J'ai tout le temps récupérer des trucs, c'est surtout ce qui appartient à la ville, en fait, c'est pas mal des plots. Tout ce qui veut dire quelque chose, une interdiction, une restriction, une obligation. Je les illustre avec mon personnage. Des fois je masque certaines phrases pour que ça puisse dire autre chose. Le truc, c'est pas l'action en soit, c'est le résultat!