Vision - Libertins japonais
Sauvage, violent et sans limite, le Japon reste bien l’Empire des sens. Du cinéma à la littérature en passant par la photographie, l'art se vautre dans les vices du libertinage.
Koji Wakamatsu
Le Grand Maître ‘pinku eiga’, le cinéma érotique nippon, c'est Koji Wakamatsu : "Sex Jack", "Quand l'Embryon part braconner", "Vierge violée cherche étudiant révolté ". Ces films tournés
entre 66 et 72 sont à la fois érotiques et militants. La devise de cet ancien membre des Yakuzas : "Sex Is Politics". Deux des films de Koji Wakamatsu ont été présentés à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes : « Les Anges violés », en 67 puis « Sex Jack » en 71. Proclamé "Godard Nippon", il ouvre la voie à la Nouvelle Vague japonaise. En 76, le réalisateur Nagisa Oshima demande à Koji Wakamatsu d'assurer la production exécutive sur son film,"L'Empire des sens" et même d'en co-écrire avec lui le scénario.
Ryu Murakami
Aujourd’hui au Japon, l’âge d’or du cinéma érotique est à ranger au rayon nostalgie, il est remplacé par les DVD et les mangas pornographiques. L'écrivain Ryu Murakami, auteur du roman
culte, "Les Bébés de la consigne automatique", utilise le sexe pour critiquer le Japon des laissés-pour-compte. Ses ouvrages transgressifs ont été adaptés au cinéma, et lui-même a
réalisé cinq films, dont Tokyo Decadence. Avec "Love and Pop", réalisé par Anno Hideaki ou "Auditions" du cinéaste Takashi Miike, les oeuvres de Murakami inspirent le cinéma nippon. Asia Argento, Val Kilmer et Lyv Tyler devraient tourner cette année l’adaptation de son roman, "les Bébés de la Consigne Automatique".
Kishin Shinoyama
Le photographe Kishin Shinoyama n'a pas la langue dans sa poche et son objectif est toujours prêt à passer à l'action. Depuis les années 60, ses clichés érotiques font le tour du monde.
Célèbre pour ses photos de l’écrivain Mishima ou le mythique baiser de John Lennon et Yoko Ono, Kishin Shinoyama fait sensation en 69 en réalisant cette série de nus intitulée « Death
Valley ». Dans les années 80, ce photographe invente le Shinorama, un appareil capable de prendre plusieurs clichés en une seule fois sous différents angles. Kishin photographie alors ces amoncellements de corps, que ce soient ceux de femmes nues ou de Yakuzas tatoués.