Little Tokyo
Invasion japonaise à New York. De plus en plus de jeunes Japonais fuient la rigueur aseptisée de leur pays d’origine et s’installent dans la Grosse Pomme où ils découvrent la liberté, l’épanouissement personnel et… une excellente cuisine japonaise.
Tokyo, New York. Deux métropoles, deux univers que tout sépare. La vie des jeunes Japonais est ultra cadrée. Ils mettent longtemps à quitter le foyer familial et éprouvent les pires difficultés à s’émanciper du poids des traditions et de la morale. Au Japon, l’épanouissement personnel et l’individualité sont considérés comme déshonnorants. C’est peut-être pour ça que New York fascine à ce point les jeunes Japonais. Chaque année, ils sont des milliers à venir ici, pour expérimenter le fameux choc culturel et s’abreuver de la diversité cosmopolite new-yorkaise. Les plus riches font des études, les autres se débrouillent comme ils peuvent avec des visas de tourisme et des petits boulots alimentaires. L’essentiel, c’est d’être à New York. Little Tokyo - L'indépendance Dans l'East Village, autour de St. Marks Place vit la grande majorité des 60 000 Japonais installés à New York. C’est la plus importante communauté japonaise vivant a l’étranger. La ville continue à attirer les touristes (un demi-million de japonais l'an dernier). Parmi eux de nombreux jeunes en quête de liberté ont décidé de rester. Certains se mettent à leur compte. Le flair très marqué des Japonais pour les nouvelles tendances fait de l’importation de fringues japonaises branchées une affaire souvent lucrative. La boutique de mode "Search & Destroy" est un bon exemple. Nombreux sont les japonais qui la fréquentent. L’excentricité vestimentaire leur valait une certaine marginalisation chez eux, ils n'ont plus à se casser la tête sur ce que les autres pensent d’eux. Une indépendance que beaucoup n’ont découvert qu’à New York. A New York, les nouveaux venus se métamorphosent. Ils acquièrent ici une confiance en eux qu’ils n’auraient jamais pu construire au Japon. Emi et Naoki dans le métro Emi et Naoki font partie de ces émigrants nouvelle formule. Ils gagnent leur vie en faisant de la musique dans le métro. Peut-être pas leur job de rêve, mais une certaine représentation de la liberté qu’ils sont venus chercher ici, après avoir été vendeurs au Japon pour réunir l’argent nécessaire à leur voyage. "L’acoustique dans le métro est excellente. Personne ne comprend ce que je chante, c’est du japonais, mais on me sourit et on me donne des sous. Donc j’imagine qu’ils sont touchés par mes chansons. C’est sympa, c’est super." Pour le moment, Naoki et Emi parviennent à vivre des maigres revenus de leur musique. Et ne paient pas de loyer ! Dans cet appartement, ils monnayent la garde des animaux domestiques contre des nuits gratuites sur le canapé. Au départ, leur séjour duvait durer trois mois (la durée d'un visa de tourisme). Mais ils en veulent plus ! "On voulait vraiment rester plus longtemps, pour continuer à découvrir New York et poursuivre notre développement personnel. Et donc, on a eu l’idée d’aller dans un autre pays et d’en revenir, pour obtenir un nouveau visa de trois mois supplémentaires. La semaine dernière, on a pris l’avion pour l’Espagne et au retour, on a eu un nouveau visa." Leur percée en tant que musiciens n’est probablement pas pour tout de suite, mais ils y croient…. Dans trois mois, leur visa aura à nouveau expiré. Ce jour-là, ils reprendront quelques jours de vacances à l’étranger pour pouvoir continuer à découvrir New York.