Interview de la semaine - Luz
Passionné de musique, au point de faire des heures sup la nuit en DJ, il est en première ligne dans la polémique sur les caricatures du prophète Mahomet avec ses copains de la bande à Charlie, le plus corrosif des journaux satiriques français.
Epouvanté par les nervis néo-fascistes de sa fac de droit, Luz se lance dans le dessin satirique en caricaturant ses profs. Son style engagé le propulse dans l’avant-garde des jeunes dessinateurs français. Drogué aux Stray Cats par ses parents, il devient DJ et mixe aussi bien dans les petits clubs qu’à l’Elysée Montmartre toujours en observant ses congénères. Dans sa BD autobiographique "Claudiquant sur le dancefloor", Luz mélange les genres à cheval entre le journalisme musical et la B.D. Dans ce périple électro rock indie, le dessinateur n'épargne personne et surtout pas lui-même. Son dernier livre "Faire danser les filles", nous révèle les misères et grandeurs du métier de DJ. Son secret : mettre son instinct au placard et écouter la part féminine qui sommeille chez ces mâles maîtres du vinyle.
Luz : " Depuis le temps que je fais du dessin de presse je sais très bien que c’est éphémère, je fais pas la Chapelle Sixtine à chaque fois. Donc à un moment donné faut essayer de pas oublier deux, trois groupes juste parce que pendant cinq minutes ils t’ont fait vibrer comme des malades. Par exemple, les Fat Truckers que j’avais dessiné y a bien longtemps et qui depuis ont splité. C’est vraiment témoigner de l’éphémère parce que ça rend humble. On est juste là pour témoigner d'un petit truc de notre vivant. Le reste, on s’en branle !"