Meat is still murder

Pour certains, manger de la viande est un crime. Après le gavage, c’est l’abattoir. Jour après jour, les animaux aussi subissent la violence. Des humains prennent leur défense.

Albino est un rappeur de Kiel, dans le nord de l’Allemagne. Ses chansons sont des actes de résistance contre l’exploitation des animaux, contre les abattoirs industriels, contre les transports d’animaux subventionnés par l’Union Européenne et contre le rabaissement d’un être vivant au niveau d’un simple morceau de viande. Evidemment, Albino est végétarien.

Albino "Les animaux existent pour eux-mêmes. Ils n’existent pas pour le bien de l’homme. Ils ne vivent pas pour remplir une fonction. Ils ne vivent que pour eux et non pas pour nous."

Le groupe punk berlinois Stopcox n’a pas peur de hurler ce que personne n’a envie d’entendre. Quatre vegans, un végétarien, avec un goût commun pour le cuir synthétique. Avec le groupe « Room 101 », Stopcox vient de sortir l’album « Your fucking piece of shit ». Les bénéfices de ce disque servent à financer le procès d’un groupe d’activistes pro-animaux contre une société américaine qui gère le plus grand laboratoire pharmaceutique du monde où sont effectués des tests sur animaux. Scènes de la vie quotidienne dans une société où tout est soumis à la logique utilitariste. Tout, et surtout les êtres sans défense.
En première ligne des combats : la fourrure. La campagne anti-fourrure des années 80 aura eu le mérite de faire réagir l’opinion publique. Depuis, beaucoup d’entreprises ont renoncé au commerce des fourrures. Beaucoup, mais pas toutes. Donc, pas question de relâcher la pression.

Stopcox "Quand on explique aux gens toutes les atrocités qui sont liées au commerce de la fourrure, c’est beaucoup plus facile à faire passer que d’expliquer qu’il ne faut pas manger de viande. La consommation de viande est très courante."

En 2005, l’Allemagne a englouti 57 millions de poulets, 48 millions de cochons, un million de moutons et 35, millions de bovins. Et personne ne se demande d’où provient toute cette viande. Même quelques affaires récentes de viande avariée n’ont pas freiné notre appétit pour la barbaque. « Notre pain quotidien », un film de Nikolas Geyrhalter est une immersion dans l’univers stérile de l’équarrissage automatisé. Une perversion industrialisée, dûment subventionnée et scrupuleusement respectueuse des normes de l’Union Européenne. Quand il est question de gros sous, la compassion n’a pas voix au chapitre.

Albino "Dès notre plus jeune âge, on est habitué à manger de la viande, à boire du lait et on accepte ça comme quelque chose de tout à fait évident. Un renoncement complet à l’exploitation de l’animal ne fonctionnerait pas dans un système capitaliste. Car la logique de l’utilitarisme, dont l’exploitation des animaux est l’une des manifestations, est bien trop ancrée en nous."




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