Dr. Sketchy
Quand les fringues tombent comme des feuilles mais que l’essentiel reste couvert, on est en plein néo-burlesque. Ce genre artistique, créé aux Etats-Unis, s’inspire en partie des spectacles de cabaret parisien de la fin du 19ème siècle. Aujourd’hui, les danseuses de la nouvelle génération perpétuent la tradition et suivent le sillage d’artistes de renommée mondiale comme Mae West, Betty Page ou Gypsy Rose Lee.
A New York, le néo-burlesque fait aujourd’hui l’objet d’un cours de dessin pas tout à fait comme les autres.
Pour participer aux soirées « Dr Sketchy », un bloc de dessin et quelques crayons bien affutés suffisent. Peu importe si l’on sait dessiner, l’essentiel est de s’amuser. Certains mannequins posent pendant cinq minutes, d’autres 10, d’autres encore 30. Un cours dure environ trois heures. Molly Crabapple a elle-même souvent posé pour des dessinateurs new-yorkais. Et c’est justement pour dynamiser ces séances de pose qu’elle a inventé le concept de Dr. Sketchy. Les séances sont égayées par des jeux que Molly propose au public.
L’une des artistes qui a irrigué le monde avec le néo-burlesque s’appelle Dita von Teese. Icône de la mode, danseuse et top-modèle, son spectacle est un hommage au glamour des années trente.
Changement de décor à Hambourg. Ici aussi, les séances du Dr. Sketchy ont leurs fans. Le concept d’origine s’est exporté dans une cinquantaine de lieux à travers le monde. Ici, les séances de dessin sont organisées par Hedoluxe qui a découvert l’école lors d’un séjour de vacances à Sydney. Les modèles sont à l’aise. Malgré leur nudité, elles ne se sentent pas dévorées du regard. De toutes façons, les malsains et les mateurs ne sont pas admis. De temps en temps, quelques numéros de striptease ou un petit sketch contribuent à détendre l’atmosphère.
Dr. Sketchy peut avoir lieu partout. En revanche, il ne peut y avoir qu’une seule succursale par ville. Cette année, Molly Crabapple, la fondatrice du concept, a prévu une tournée en Europe. En marge de Dr. Sketchy, Molly s’est fait un nom comme illustratrice pour Marvel Comics, le New York Times, le Wall Street Journal et Playgirl. Mais elle a encore un souhait qui lui tient à cœur : ouvrir un Dr.Sketchy à Paris !