Dream - Pere Ubu

Colossal, mystérieux, génial, Pere Ubu et sa musique déglinguée font partie des secrets les mieux gardés du punk américain. Révélations.

Le 17 septembre 75, le 1er 45 tours de Pere Ubu part au pressage. Persuadé qu’il s’agit d’une erreur, le fournisseur réexpédie le paquet avec la mention : « bande endommagée, bruit de fond tout du long! ». Le groupe américain qui emprunte son nom au héros naïf d'Alfred Jarry est piloté depuis 30 ans par le doux dingue David Thomas. Comme les musiciens Franz Listz, Duke Ellington, l’écrivain Vladimir Nabokov ou le peintre David Hockney, Thomas s’est atteint de synesthésie. Il ne voit pas le monde comme le commun des mortels. Un symptôme qui le rend très méfiant et lui fait refuser les medias. Exceptionnellement, il nous ouvre les portes de sa maison de Brighton.

Elevé par une mère artiste et un professeur de littérature, David quitte aux débuts des seventies la banlieue proprette de Cleveland dans le Midwest américain pour sa zone industrielle enfumée par les nuages des usines de coke. Pere Ubu se lance au Pirate’s Cove, bar de marins d'eau douce, reconverti en salle de concert. En quelque mois, le groupe devient l'artisan du proto punk. Avec eux, Cleveland s'impose comme une alternative à la scène new-yorkaise. Les concerts déstructurés de Pere Ubu fascinent Jello Biaffra, Joy Division, Bauhaus ou les Pixies. Un rôle de parrain qui n'intéresse pas David Thomas. À la fin des années 80, il s'exile en Angleterre, à Brighton alors que la moitié des membres du groupe reste aux Etats-unis.




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