Backstage - Rebellious Girls
La femme émancipée, c’est du passé. Les filles d’aujourd’hui sont sexy et indépendantes à la fois. A moins que ce ne soit un nouveau coup de marketing. Tracks a rencontré des jeunes musiciennes qui utilisent leur sexualité comme outil de provocation.
A 19 ans, sous contrat avec le label parisien Ed Banger, Uffie se produit à Berlin en tête d’affiche de la tournée « Rebellious Girls ». L’appellation et le line-up de la tournée ont été choisis par le bureau marketing d’une grande marque de jeans. Le tube le plus controversé d’Uffie est certainement « I´m ready to fuck », dans lequel elle dit exactement ce qu’elle dit. Mais calmez-vous, les garçons… Elle plaisante.
Uffie :"C’est pour taquiner les mecs, ce n’est pas agressif ou méchant, c’est un truc dont ils peuvent rire. Ils savent bien qu’il ne faut pas prendre cette phrase au premier degré, c’est une blague et pas une menace !"
Les fans apprécient. Et peu importe que Uffie soit rebelle ou pas, l’essentiel, c’est qu’elle soit cool.
Toujours dans le spectacle « Rebellious Girls », voici « Brazilian Girls », un groupe qui ne vient pas du Brésil et qui n’est pas exclusivement composé de filles.
Leurs textes, à peine plus soft que ceux de Uffie, parlent de « assholes » et de « pussies ».
Reyhan Sahin, originaire de Brême, va encore plus loin. Elle a choisi le nom de scène de « Lady Bitch Ray » et elle est la première rappeuse porno d’Allemagne.
Dans ses chansons, Lady Bitch parle de sexe, sans détour, ni fausse pudeur. Tout y passe : foufounes, bites, partouzes et tout le tralala…
Fatalement, certains lui reprochent d’être de mauvais goût. Elle-même se décrit comme une Turque émancipée. Et selon elle, les femmes ne devraient pas hésiter à jouer à fond de leur sexualité.
Lady Bitch Ray : "Le bitchisme, c’est pas seulement une question de look, de style. Il ne suffit pas d’être une bitch et de vivre sa sexualité à fond, il faut aussi se battre. Il faut se battre pour son indépendance, notamment par l’éducation, par la formation, que ce soit un cursus universitaire ou une formation d’un autre genre. Il faut se faire un bagage, une base sur laquelle on pourra s’appuyer plus tard. C’est très important."
Robyn est originaire de Suède. Elle ne se décrit pas comme une « bitch ». Musicalement, elle penche plus du côté pop que du côté rap porno, mais elle pense, elle aussi, que les filles ont du retard à rattraper. Ses premières expériences du business de la musique datent de l’époque où elle était star adolescente en Suède. Depuis, elle s’est séparée des grosses boîtes de disques et elle a créé son propre label. Son dernier album s’est classé en première place des charts suédois. Un succès qui la comble, mais qui ne lui suffit pas.
Robyn : "Il ne s’agit pas de savoir si les nanas peuvent être aussi bonnes que les mecs mais de savoir si elles ont le droit d’être aussi crades que les mecs. Il y a des milliers de groupes de rock de mecs qui se la jouent crade mais les groupes de filles du même genre n’ont jamais la possibilité de sortir un disque. Non seulement on peut être aussi pro et bosser comme les mecs mais on revendique le droit de faire ce qu’on veut même si ce n’est pas une musique extraordinaire."
Les nanas rebelles versions 2007 ratissent large. Implacables en affaires, elles n’ont plus peur d’appeler un chat un chat. On vous le disait : la femme émancipée, c’est du passé, les stéréotypes sont dépassés : à l’avenir, les groupes de filles nullissimes auront, eux aussi, le droit de partir en tournée.