Rude Ski

C'est le monde à l'envers pour les accros du Switch Ski qui glissent à reculons !

En tournant le dos à la pente, les Switch skieurs réinventent l’art de la glisse... Peu importe leur terrain de jeu ou les obstacles : avec des sauts de plus de dix mètres, en ville, sur des rails ou des murs, et même dans la poudreuse, les switchers sont un pied de nez à toute logique. Le switch renoue avec l’esprit des origines. Un peu comme les pionniers du ski qui passaient partout où c’était possible, n’hésitant pas à expérimenter toutes les figures imaginables. Dans les années 60, les pistes, les piquets et les chronos enferment cette discipline dans la compétition et la performance. Il a fallu attendre les années 80 pour qu’une première vague freestyle sorte le ski de cette guerre du chrono inventant un sport sans limites et spectaculaire. Et dix ans de plus pour assister, en plein boom du snowboard, à une révolution du ski : une nouvelle génération emprunte le style et les figures des surfers des neiges. Ce sont les premiers à glisser à l’envers...

Sur les hauteurs de la station suisse des Diablerets, le Demonium camp est le QG de ces amateurs de switch. Pour débourser les 500000 euros du chalet, un suisse et un américain se sont associés avec le skieur professionnel français Dimitri Charrière. Ancien dojo pour amateurs d'arts martiaux, ce chalet de 600 m² a transformé son tatami en rampe de skate et assure son indépendance économique en grande partie grâce à la marque de sportwear de Demonium et la distribution de la marque de ski de Michael Deschenaux.

Rencontres avec quelques membres de Demonium :
Michael Deschenaux, 24 ans, est un enfant du pays. Avec déjà 14 ans de ski au compteur, cet ex-membre l’équipe suisse a découvert dans le Freestyle une alternative à son parcours scolaire chaotique. C’est d’ailleurs sans avoir mis les pieds au lycée, qu’il s’envole, dés 14 ans, pour une compétition aux Etats-unis. Et il y reste un moment invite le petit suisse à découvrir la Nouvelle-Orléans : invité par l’américain Campbell McKeogh Mikä passe de Lausanne à la Louisiane et plonge dans le Bounce et le Dirty South. Tatoué sur le cou, le nom de son label de musique : "MAK", et la marque de ski "9th Ward" qu’il a créé avec son mentor américain.

Après une sale blessure, Seb Lounis a mis sa carrière de skieur professionnel entre parenthèse. À 26 ans, il assure l’intendance du camp : « nous, on veut emmener notre esprit et montrer qu’on peut aussi faire du business en restant cool et en restant simple, (...) alors qu’on nous a rétorqué chez des grandes marques que c’était pas du tout la façon de penser quand on pensait business. On veut montrer que de cette façon-là, c’est possible de le faire ».

À 36 ans, Dimitri Charrière, alias "Dim" a passé douze années sur les parks avec ses potes snowboarders. Originaire de Thonon-les-bains, il s’est d’abord essayé au motocross en Belgique avant de retrouver ses montagnes natales. Fidèle à sa paire de ski, il explore avec les snowboarders, de nouveaux territoires et multiplie les casquettes, en virtuose du freestyle… Rattrapé par ce qui est devenu un style de vie comme le snow-board, le champion figure en bonne place dans les magazines spécialisés, entretenant son propre business. Son sens inné de l'autopromotion lui attire des sponsors et lui ouvre une carrière sans contrainte ni obligation de résultat. Dix ans après ses débuts, Dim est toujours sur ses skis été comme hiver, sur le glacier qui surplombe à 3000 mètres le chalet Demonium.




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