Street talkers - Les beaux parleurs de la pop

Londres fait sa crise d’adolescence ! De Kate Nash à Lily Allen en passant par Just Jack, les streetalkers inventent la pop SMS. La pop anglaise fait le mur et s’encanaille dans la rue et outre-manche, c’est déjà l’hystérie !

Pour Prince, Kate Nash est la chanteuse anglaise la plus talentueuse d’Angleterre. A tout juste 20 ans, son premier album s’est classé numéro 1 dans les charts de son pays. Et même si c’est pas du Shakespeare, elle est en prise directe avec sa génération. Avec Kate Nash, tête de proue de la vague des street talkers, Londres fait sa crise de puberté. La cour du lycée devient le centre du monde et les chansons s’écrivent à la vitesse d’un SMS.

Moins trash que le rap et plus street que la pop, le street talking perce en 2006 avec Lily Allen, 21 ans, filleule de Joe Strummer. Découverte sur le web, Lily Allen est la première star made in Myspace. Sa force de frappe c’est le langage de la rue. Elle a même prévu le décodeur pour ses fans français.

En 2005, les Anglais d’Arctic Monkeys inaugurent l’ère du Net Power dans la musique. Sur le web, leur chanson mise en ligne par des fans bat tous les records de téléchargements. L’année suivante, ils vendent plus de 360 000 albums en une semaine. Le bouche-à-oreille version clic de souris ouvre la voie aux street talkers qui creusent le même sillon digital avec leur reality songs.

Arrivé en 2002, Jack Alsopp dit Just Jack est le pionnier de cette scène. Mais à l’époque il se fait voler la vedette par Mike Skinner de The Streets et son rap de hooligans. Après avoir rongé son frein pendant 5 ans, Just Jack tient enfin sa revanche. Son single monte à la 2ème place des charts britaniques cette année. Fils de designers, ses textes réalistes et moins agressifs que ceux des rappeurs en font l’une des plus belles plumes du street talking.

Loin de la frime ou de la contestation du rap, les street talkers décrivent un quotidien banal, sans fantasme, avec un humour très british. Tête d’affiche du dernier festival de Glastonbury, à 28 ans, le londonien Just Jack fait figure de vétérans chez les street talkers. A l’image de la génération street talkers, Remi Nicole préfère son téléphone au bloc note. Lassée d'entendre quelle aime forcément le rap et le R'n'B, cette londonienne de 23 ans dont les parents sont originaires de Trinidad décide d’en faire une chanson. Un tube qui arrive jusqu’aux oreilles d’Amy Whinehouse, qui l’a choisie pour assurer la première partie de sa tournée.

A l’heure des blogs qui mettent l’intimité en ligne, Kate Nash et les chatteurs du steet talking se livrent sans complexe. Mais à la vitesse d’une éruption d’acné, une nouvelle génération de streetalkers est déjà dans les starting blocks. Par exemple, Maya Yianni, elle quitte le nord de l’Angleterre à l’âge de 16 ans pour se lancer dans la musique. Trois ans plus tard à Londres, elle rencontre Stefan Abingdon tout juste majeur, avec qui elle fonde The Clik Clik ! Même pas signés sur une maison de disque, les Clik Clik vivent encore chez leur parents.

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