Weird Folk

Depuis quelques temps, le bucolique revient en force dans la musique. Devendra Banhart est le chantre de cette nouvelle tendance appelée weird folk. Dans le champ ‘weird folk’ on trouve des fleurs comme Joanna Newson ou CocoRosie. Ce soir, Tracks vous propose une cueillette plus fournie.

Patrick Wolf
Patrick Wolf, le Peter Pan londonien, qui écrit des chansons pop totalement hallucinées. A l’étroit dans sa britpop d’origine, il a déménagé pour la campagne folk. Sur une musique à base de ukulélé, de vibraphone, d’ordinateur atari et de harpe, Patrick Wolf livre des textes où la poésie se mêle à la violence la plus crue. Son univers est composé d’histoires étranges et inquiétantes, comme en témoigne son premier album : "Lycanthropy". Son nouvel album "Magic Position", est sorti chez une major. Mais curieusement, alors que sa carrière semble enfin décoller, aujourd’hui Patrick rechigne à continuer. Epuisé par tout ce cirque, il compte donner son dernier concert en novembre.

Priestbird
Le groupe new-yorkais Priestbird est composé de Gregory Rogove, Danny Bensi et Saunder Jurriaans. Leur son est si psychédélique qu’on peut se demander si ce n’est pas le fantôme de Syd Barret et des Pink Floyd qui accorde leurs guitares. L’an passé, le groupe s’appelait encore Tarantula A.D et faisait du rock progressif. Ils se sont brouillés, dispersés pour inalement trouver une voie commune dans le psychédélisme.

Brightblack Morning Light
Plus radical encore, le duo Brightblack Morning Light : Rachel Hughes et Nathan Shineywater. Leur désir d’autonomie et de proximité avec la nature les a poussés, pendant un temps, à vivre dans un parc national, au nord de San Francisco, sous une tente et dans un poulailler customisé. Rachel et Nathan vouent une passion pour les Indiens d’Amérique, pour la spiritualité de leur culture et leur foi dans les forces protectrices de la nature. Autant d’éléments qu’on retrouve sur leur premier album, enregistré l’année dernière.




Vashti Bunyan / Arthur Magazine

Au début des années 1970, Vashti Bunyan fait un bide avec son premier album, plaque tout et s'exile en Écosse. Trente-cinq ans plus tard, Just another diamond day est un collector qu'on s'arrache !

Bienvenue dans l’univers bordélique de la contre-culture, chez Jay Babcock, rédacteur en chef d’Arthur Mag.




Les Free Huggers

Les "Free Huggers" qui s’élèvent contre l’anonymat et la froideur de notre civilisation.

La société occidentale : un univers stressant et dépersonnalisé où l’individu, qu’il le veuille ou non, se transforme en loup solitaire. La chaleur humaine et la spontanéité ont disparu. Mais voici les sauveurs de ce monde impitoyable, les nouveaux messagers de l’amour. Leur offrande à leurs frères humains, ce sont des câlins, en pleine rue, gratuits et pour tout le monde.
La vague des câlins gratuits déferle sur le monde. C’est une vidéo, mise en ligne sur YouTube, qui a lancé le mouvement. Elle est signée Juan Mann. Ce jeune Australien, débarquant dans un aéroport inconnu, a trouvé dommage que personne ne soit là pour le prendre dans ses bras. Pour tenter d’y remédier, il a créé l’initiative "Free Hugs – câlins gratuits".




Clip - The Bees - Who cares what the question is




Communautés hippies en 2007

Que sont devenues les communautés hippies ? La politique de la caisse commune et de l’amour libre a-t-elle toujours cours en 2007 ?

ZEGG
L’Allemagne compte une quarantaine de communautés de ce genre. Mais l’amour libre ne se pratique qu'au ZEGG (Zentrum für experimentelle Gesellschaftsgestaltung). Le centre d’expérimentation sociétal accueille 85 personnes. La vie quotidienne est consacrée à l’introspection et au relationnel. Des séminaires sont organisés sur des thèmes comme "l’érotisme, énergie de création", "expression par la danse" ou, "e travail, acte d’amour en mouvement". Les relations ne se vivent pas dans le secret mais au grand jour. Le centre met l’accent sur l’introspection et la discussion.

Klein-Jasedow
Eux aussi ont choisi de vivre sur le modèle hippie. Il y a quelques années, ils ont tourné le dos à la société. Pour changer de vie, ils se sont installés en Bavière, en Suisse et depuis peu à Klein-Jasedow, au bord de la mer baltique. Du nourrisson jusqu’à la mamie de 85 ans, toutes les tranches d’âge sont représentées. Mais attention : leur groupe se définit comme une large famille recomposée et non pas une communauté hippie. Et pas question de ne rien faire de toute la journée. A Klein-Jasedow, la plupart de ces hippies version 2.0 travaillent dans la société de production qu’ils ont créée. Ils créent aussi bien des illustrations pour magazines de voyage que des sites internet pour vendre du thé bio. Restés fidèles à certains principes des années hippies, ils refusent par exemple de travailler pour des marques de sports connues. L’argent qu’ils gagnent alimente une caisse commune. Les emplois de leur société ne sont pas réservés aux membres de la communauté. Dans une région où le taux de chômage avoisine les 20 %, cela a une certaine importance. A Klein-Jasedow, le communautarisme n’est pas une obligation. Chacun a son propre appartement. En revanche, deux repas par jour sont pris en commun.




Interview avec Christian Rätsch

Aujourd’hui, la mode est aux drogues écologiques, comme les champignons, les fleurs et les épices.

Pour les uns, c’est un charlatan et un apothicaire. Pour les autres, l’ethno-botaniste Christian Rätsch, titulaire d’une thèse de doctorat, est tout simplement un bioman. Christian a testé sur lui-même plusieurs centaines de substances psychoactives. Le druide étudie toutes les drogues, quelles qu’elles soient. Aujourd’hui, il est devenu un véritable expert, que ce soit en LSD, en baies sauvages, en champignons ou en noix de toutes sortes.

Christian Rätsch : "De par mon métier de chercheur, je voyage un peu partout dans le monde, dans les zones reculées de l’Himalaya, en Amazonie et au Mexique. Je teste les substances avec les gens qui les ont découvertes et qui les utilisent, qui les ont intégrées dans leur vie culturelle. Ce sont eux les mieux placés pour savoir comment on dose ces substances."

La tendance actuelle est aux substances écologiques. Apparemment, la sauge et certains champignons courants fonctionnent très bien. Dans son "Encyclopédie des plantes psychoactives", un ouvrage qui fait référence, Christian a répertorié les plantes hallucinogènes et leurs effets respectifs.

Christian Rätsch : "Si le cannabis, le LSD ou les champignons étaient légalisés, nous n’aurions pas besoin de ces drogues écologiques. Finalement, les drogues écologiques n’ont qu’un seul but : remplacer les substances interdites par des substances qui sont encore légales."




Live - Herman Dune

Herman Dune, est un duo familial autoproclamé. S’entourant perpétuellement de nouveaux musiciens, les deux frères David Ivar et Neman sortent des albums depuis 1999, et se contentent des fameux trois accords de base. Personne ne sait s’ils sont français, suédois ou suisses. Eux ne sont pas sûrs de vouloir choisir. Musicalement, ils se situent entre le folk de Velvet Underground et la pop de Jonathan Richman. Là non plus, pas question de choisir.

Neman : "On a des amis partout parce qu’on voyage beaucoup. Ils sont tous prêts, à un moment ou à un autre, à faire de la musique avec nous. On les appelle pour leur dire : “Vous êtes libres pour partir en tournée ?“ S’ils ne le sont, pas on appelle d’autre copains. Avec Internet, c’est très facile, on peut faire ce qu’on veut où que l’on soit."

Les idées et les textes des chansons sont de David Ivar et d’André Herman Dune. Mais dans le groupe, chaque musicien qui travaille avec eux peut apporter sa touche personnelle. L’un des premiers à repérer le potentiel créatif de cette joyeuse communauté a été le DJ et journaliste John Peel.
"Giant", leur album actuel, est sorti chez une major. Depuis, André Herman Dune a quitté le groupe pour se consacrer à ses projets en solo. Un changement de configuration qui ouvre la porte à de nouvelles possibilités.



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