Interview de la semaine - Yes Men

En 99, avec Mike Bonanno, il fonde les Yes Men, les Bénis Oui-Oui. Leur postulat: les dirigeants de la planète ont tellement perdu le sens des réalités que plus rien ne les choque. Infiltrant leurs conférences, les Yes Men poussent le discours libéral à l’extrême jusqu'à prôner le retour à l'esclavage. Leurs performances ridiculisent les grands de ce monde. Mais comment se fait-il que tu sois toujours en liberté?

Andy Bichlbaum : "Je ne sais pas. Je ne sais pas, j’étais en train d’essayer de voir comment ça marche... De temps en temps, très rarement on a réussi à provoquer des attaques quasi-juridiques, pas tout à fait mais au moins des lettres de menaces et ce genre de choses et ça marche très bien pour nous."

Des recettes pour pénétrer les grands-messes libérales à leurs faits d'armes, le film des Yes Men raconte l'incroyable aventure de ce duo d'activistes américains en costards. Avant ça, Bichlbaum, programmateur, avait remplacé les combats machos d'un jeu vidéo par des baisers entre mecs. Son alter ego, lui, s’était illustré en plaçant dans les supermarchés des Barbie et des GI Jo dont il avait permuté les voix. Un activisme farceur qui révolutionne le genre.

Andy Bichlbaum : "J’espère que dans le film on voit qu’on est des gars totalement ordinaires, à peu près comme tout le monde. On n’est pas plus doué pour le jeu par exemple que n’importe qui d’autre, on espère que les gens commencent à le faire, comme nous. C’est un mode d’action qui pourrait surprendre énormèment je crois."

En décembre dernier, Andy se fait passer pour le porte-parole de la multinationale Dow Chemical en direct sur la BBC. Alors que celle-ci a toujours nié sa responsabilité dans la catastrophe de Bhopal qui a fait 20 000 morts en 84, il affirme être prêt à indemniser les familles des victimes. Résultat: la firme perd 3 milliards de dollars en bourse en une après-midi.

Andy Bichlbaum : "Beaucoup d’articles disaient que ce que nous avions fait était dégueulasse parce qu’on avait crée des faux espoirs. Puis quelques semaines plus tard on a eu la chance de rencontrer quelques uns de ces activistes qui étaient au Bhopal et ils se disaient très contents de notre action car elle a permis de faire connaître l'histoire et de semer la panique chez Dow."



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